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Pensée du jour

 

"La photo rend éternel un instant fugace du présent"

Panxua ZODILSKOA - Photographe de l'intime né en 1945 - Vit et travaille à Paris.

"La jeunesse c'est le temps que l'on a devant soi"

Jules Romain

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Samedi 27 février 2010 6 27 /02 /Fév /2010 17:33

Certains vont dire que c'est du réchauffé ; ce n'est pas tout à fait faux dans l'immédiat, mais ces cabanes, cabanons et, pourquoi pas, cabines et autres cabinets, tous issus de la même étymologie, me semblent une inépuisable source d'inspiration propre à enrichir ce chapitre.

 

 

 img028 copie 2 sépia

Le "cagadou" des pêcheurs à Port-St Louis-du-Rhône




Copie de MG 0149 copie

                                      Cabines de bain à Ste Marguerite "sur Manche"


Copie de Affiche Cabane A3 Rev 0 copie

                                                      Les mêmes en RVB


Copie de MG 0156 copie



Copie de MG 0165 copie

Vive les vacances ...


Copie de MG 0165 copie 2 copie

... et vive la France !


Copie de MG 4482 copie copie

                                   Classique des classiques !                                 



                                                                               

Par Alain tout simplement
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Samedi 20 février 2010 6 20 /02 /Fév /2010 21:35

 

Copie de MG 2176 copie

Abstraction


Copie de MG 2177 copie

Un train peut ne pas en cacher un autre



Copie de MG 2184 copie

Non profondeur de champ


Copie de MG 2179 copie

Composition en noir et jaune



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Tir à la canette rouillée


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Aiguillage


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Chemin de traverses


Copie de MG 2200 copie

Et la rouille pleura ...

Cet après midi d'août est particulièrement chaud et je n'ai pas envie de faire autre chose que de revisiter mon propre blog, non par narcissisme car je ne suis jamais pleinement satisfait de ce que j'y dépose, mais, justement, pour revoir certaines images que, par la magie de l'informatique, je peux retoucher, supprimer pour éteindre un remord ou simplement commenter comme "Abstraction" et "Et la rouille pleura ..." m'en donnent après coup l'occasion.

En fait, une vieille histoire qui m'a isolé, et ne pense pas être le seul, de mes contemporains, peintres et photographes entre autres, qui naissent pour la plupart figuratifs, puis basculent selon la mode ou la tendance du moment vers l'abstrait. Mes connaissances en matière d'art sont trop sommaires pour me permettre ici de dénigrer ces courants, émergés à l'aube du 20e siècle, et qui firent à l'époque hurler un public déjà malmené par les impressionnistes, encore que ceux-là représentaient quelque chose, fusse une simple "impression".

Aussi, ai-je pensé que mes deux malheureuses images ne dépareilleraient pas dans une quelconque galerie d'art contemporain bien que ma signature n'y apporte présentement aucune valeur ajoutée, sinon le contraire dans ce monde ou plutôt sur ce marché où seule la signature donne une valeur totalement arbitraire à l'oeuvre, quels qu'en soient la nature et l'intérêt artistique intrinsèque.

En arrive-t-on ainsi à consacrer "oeuvre d'art", des tableaux monochromes, dont le tout blanc d'un illustre artiste chinois sur lequel, ô sacrilège, une admiratrice énamourée déposa un magnifique baiser tout rouge !

Aux Rencontres de Photographie en Arles, une photographe américaine,Liz Deschènes, exposait 4 photos grand format dont une totalement blanche ; cette artiste était ainsi présentée dans le catalogue :"Elle s'intéresse à la photographie qui cultive un dialogue d'autoréflexion tout en se faisant le miroir du monde extérieur" !  Comprenne qui pourra,

moi pas !

Par Alain tout simplement
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Samedi 7 novembre 2009 6 07 /11 /Nov /2009 16:57
 

Aux confins de la Bosnie-Herzégovine et de la Croatie, Medjugorje est un petit village émergé de nulle part où la Vierge apparaît depuis le 24 juin 1981, tous les jours à 17h40 exactement à quelques visionnaires élus du Ciel ou, plus probablement, victimes de phénomènes hallucinatoires concertés.
Ceci est mon témoignage, en photographies, de ce voyage surréaliste au pays du surnaturel, de la croyance aveugle, de la dévotion, du fétichisme, de l'idolâtrie, de l'incroyable crédulité humaine, exploités sans vergogne par des marchands du temple avisés.
Ce petit Lourdes Bosniaque n'a pas subi les atrocités de la guerre interethnique qui a ensanglanté le  pays en 1992 ; une brève incursion à Mostar, ville martyre toute proche, m'a permis de ramener d'autres images moins angéliques !



LES VOYANTS
Le 24 juin 1981, six jeunes de Bijakovici, village proche de Medjugorge, prétendent avoir vu la Vierge Marie leur apparaître ; depuis lors, selon leur témoignage, elle leur rendrait visite tous les jours ! Vicka Ivankovic ,45 ans, et Ivan Dragicevic, 44 ans aujourd'hui, faisaient partie de cette troupe d'halllucinés et continuent, depuis, à raconter leur boniment à une foule de plus en plus nombreuse de pélerins. Le business façon Lourdes s'est installé et prolifère, manne providentielle dans ce coin perdu de Bosnie où survivait sur une terre ingrate une population ignorée du monde.

 
Vicka Ivankovic


Ivan Dragicevic


LES PELERINS


                                                      
                  Ces dames se reposent, assises sur une tombe du cimetière.                     

 
Un bon casse-croute car la journée d'un bon pélerin est longue ...




      ... et le soir on est sur les genoux !


                                         
                                      

          
                                         
                                                 Marie pleine de grasses !


                                     


Une petite pause ...





... et c'est reparti !




Chacun sa ... croix !




L'adoration



                
Contrairement aux apparences ces gens n'attendent pas pour accéder aux toilettes ou à la douche, mais simplement à confesse, une autre façon de se soulager ou de se laver.





La dernière mode à Medjugorge !




LA RESURRECTION




" De là, une allée mène au christ de la Résurrection, bronze imposant de 6 ou 7 mètres de haut érigé au centre d'une sorte d'agora où se presse une foule compacte dont le seul souci est de parvenir à effleurer quelques secondes avec un linge le mollet droit de la statue. Je me renseigne sur cette pratique idolâtre et je ne suis pas déçu : un liquide sourd de cette jambe que les pélerins n'ont de cesse de venir éponger avec des mouchoirs amenés là , parfois en quantité, talismans dérisoires à offrir au retour aux parents et aux amis. Au risque de me faire lyncher, j'ai presque envie de crier à ces pauvres innocents qu'une fissure dans le métal laisse probablement suinter de l'eau de condensation, la statue étant creuse, à moins qu'une main impie mais néanmoins pieuse n'emplisse discrètement d'eau la guibolle miraculeuse."





"Je m'aventure à parler de fétichisme au sujet de cette jambe qui "pleure" à quelques pélerins du groupe : j'ai tout faux ! D'après eux des analyses sérieuses auraient permis de déceler dans ces épanchements suspects des traces de sueur humaine et cela dit, sans rire, par des gens supposés normaux auprès  de qui je vais vivre pendant une semaine ! "
 

 



BOUTIQUIERS DES VILLES, BOUTIQUIERS DES CHAMPS























RAYON QUINCAILLERIE

       

            



"Trop petite pour contenir tous les fidèles lors des messes , adorations et autres rosaires, des rangées de bancs s'alignent sur les côtés de l'église  ; à l'arrière, c'est par centaines qu'en arcs de cercles les mêmes bancs font face à un énorme podium circulaire où sont concélébrées messes et cérémonies diverses : un véritable barnum de la foi !"





                                                                         LE KRIZEVAC

Au sommet du Krizevac, montagnette qui domine Medjugorje, les paroissiens ont construit en 1933 à l'occasion du 1900ème anniversaire de la mort du Christ, une gigantesque croix lumineuse, terminus d'un chemin de croix que tout pélerin doit gravir en priant par un épouvantable sentier, tortueux et rocailleux à souhait !
"Je dépasse ou croise des groupes de pélerins, certains en bas, en chausettes ou même carrément pieds nus, peut-être en signe de mortification : le rachat des péchés est probablement à ce prix pour ces masochistes de la foi."

 













L'ami Gérard est sur tous les fronts !
 
Pause chapelet 
 


La croix sans la bannière !

 

"En arrivant au sommet la pluie est au rendez-vous ; parapluies et ponchos multicolores s'agitent autour du tumulus en béton qui supporte l'énorme croix au pied de laquelle sont déposés des messages, pliés ou roulés, voeux, prières, suppliques ou actions de grâce adressés aux divinités"










M O S T A R

"Le mercredi est jour de jeûne à Medjugorje, tout comme le vendredi "... au pain et à l'eau , une injonction de la Vierge et sage thérapie pour les innombrables obèses aperçus en ville, la fuite s'impose. Direction Mostar, capitale de l'Herzégovine et ville martyre à une trentaine de km au nord de Medjugorje".



"... le fameux pont qui enjambe la rivière Neretva, détruit en 1993 par l'artillerie croate, a été reconstruit à l'identique avec l'aide de l'Unesco et inauguré le 24 juillet 2004 ; depuis, les touristes ont envahi le périmètre historique et se pressent en grappes compactes sur ce pont mythique et dans l'unique ruelle bordée de boutiques à souvenirs".





"Cette ville qui a été le théâtre de sanglants combats intercommunautaires de 1991 à 1993 , porte encore, 16 ans après la fin des hostilités, les stigmates des luttes fraticides qui s'y sont déeoulées : immeubles en ruines, façades encore criblées d'impacts, bâtiments aux ouvertures béantes ou murées en attendant leur réhabilitation ou leur démolition ..."








 
" ... et partout des tombes éparses, des cimetières, là où l'on pouvait enterrer à la hâte en pleine guerilla urbaine, dans les squares, les jardins publics, sur la moindre placette, les terre-pleins, en cette année 1992 comme en témoignent les tombes et les stèles, de marbre, de pierre ou de bois pour les plus pauvres, marquées de la croix ou du croissant avec parfois un portrait".


















     


          
 


 


 

Entente cordiale ou cohabitation forcée ? Les braises sont encore chaudes, le clocher et le minaret font illusion, la Neretva sépare toujours des communautés irréconciliables.




Une petite pause pour l'autoportrait de la joyeuse équipe avec l'inséparable Gérard et Céline, une pélerine convaincue.



Le pont vu par les graffiteurs.

 


Et des touristes qui eux aussi ignorent le jeûne !


















Les toitures de la mosquée vues du haut du minaret.




Test de l'ami Gérard pour savoir si ce candidat en campagne électorale aura suffisamment de nez pour convaincre les électeurs.




Et un au revoir à Mostar avec le sourire de cette jolie mamie qui doit se souvenir des noires heures du conflit, sa fenêtre aussi !


Retour à Medjugorge où nos pélerins se sont inquiétés de notre disparition, mais, immergés dans leur bigoterie, Mostar et ses atrocités ne sont pas d'évidence  leur préoccupation majeure : l'évènement du jour est le témoignage de Vicka, la voyante ; de santé fragile, elle parlera aux pélerins depuis sa maison à Bijakovici, petit hameau voisin.




En chemin, rencontre avec ce coq croate et sa timide compagne qu'il semble dissimuler aux yeux concupiscents de quelque aventureux congénère.




Maigre pitance pour cette paysanne qui survit en faisant commerce de quelques breloques ...




... et cette lépreuse qui mendie, faute d'avoir retrouvé ses mains malgré ses prières à la Gospa*



Déjà à bonne école !


Cette mamie n'en peut plus, mais espère peut-être retrouver ses jambes après avoir vu Vicka ; en attendant le miracle, je joue au bon Samaritain!
   * Gospa :Vierge Marie en croate




VICKA LA VOYANTE

Après un long cheminement au milieu des vignes, nous parvenons à Bijakovici ; "vu le nombre de pélerins qui y convergent nous risquons de ne pas être les seuls , ce qui à l'arrivée se révèle tout à fait exact ; il y a probablement moins de monde dans le métro aux heures de pointe qu'ici, dans cette ruelle au bout de laquelle on aperçoit le lieu d'où va parler l'illustre témoin".


"Beaucoup de croates, servis les premiers, libèrent les meilleures places lorsque commencent les traductions et, peu à peu, la foule s'éclaircit ; vers 11h, la minorité française va enfin pouvoir écouter et surtout essayer de comprendre l'incompréhensible; la leçon est parfaitement récitée, traduite par soeur Maria. C'est toujours la même logorrhée, mêlanr bonnes paroles et menaces célestes que la Gospa confie à sa voyante lors de ses apparitions quotidiennes, pour la trasmettre aussitôt aux pauvres naïfs qui se pressent à chacune de ses prestations".



Vicka parle depuis plus de 2 heures, resservant inlassablement son discours traduit simultanément par soeur Maria et l'autre "assistante"à droite, sous l'étroite surveillance du mari, omniprésent lors des shows de sa voyante d'épouse.




Scène d'idolâtrie ordinaire.


LA COLLINE DES APPARITIONS (PODBRDO)

Ce lieu "essentiel" fait partie de Bijakovici ; c'est là qu'eurent lieu les soi-disant premières apparitions à six adolescents, dérangés ou affabulateurs, mais véritable providence qui, quelques années plus tard, allait mettre beaucoup de gras dans les assiettes des malins de toutes obédiences qui végétaient jusqu'alors sur ces terres ingrates et déhéritées.


 

A flanc de colline, dans la rocaille, une statue de la Gospa a été érigée et reçoit quotidiennement la visite de milliers de pélerins ; le dimanche et les jours de fête le rosaire y est récité par la paroisse de Bijakovici et attire la foule des grands jours. Mais rien de comparable aux apparitions nocturnes curieusement programmées le vendredi soir, la veille du départ des fournées de pélerins qui, pour la plupart, ne restent qu'un semaine.

"Jeudi, Gégé* nous explique qu'une grande faveur nous sera accordée demain soir : la Vierge a prévenu Ivan qu'elle lui apparaîtrait demain soir au Podbrdo, la bien nommée colline des apparitions ; les pélerins pourront assister à l'évènement à condition d'arriver de bonne heure car il risque d'y avoir du populo ; le groupe gobe la nouvelle sans tiquer une seconde [....] je pourrai ainsi sonder les abysses de la crédulité humaine !"
                     * 
Gégé, l'accompagnateur officiel du groupe.


L'APPARITION



"Il fait déjà nuit noire lorsque nous arrivonsà Bijakovici au pied du Podbrdo ; il y a foule évidemment comme pour un feu d'artifice du 14 juillet en France ! Nous commençons à monter au milieu d'une cohue qui nous porte littéralement ; de loin en loin des bornes lumineuses ne révèlent aucune des traîtrises des roches acérées qui constituent l'improbable chemin qui mène jusqu'au site.
Nous essayons de trouver une emplacement un peu à l'écart et qui domine le lieu supposé de l'apparition, probablement près de la statue éclairée, cernée par une multitude de têtes et de dos que l'on devine plutôt qu'on ne voit ; Ivan, levoyant, devrait être tout près, mais nul n'en aura la confirmation et il pourrait très bien être resté tranquillement chez lui devant sa télé sans que personne ne s'en aperçoive.





Une longue attente précède une annonce qui réclame en plusieurs langues le silence car la venue de Marie est imminente ; autour de nous les dos se courbent, se prosternent, les gens entrent en méditation et moi, je regarde la statue autour de laquelle une chauve-souris facétieuse virevolte, inconsciente du prodige qui fait battre tous ces coeurs, dans la nuit, sous la pluie qui commence à tomber  ; serait-ce de l'eau bénite qu'enverrait la Madone pendant cet instant crucial où elle délivre son message mensuel ?
Soudain  la sono reprend vie, la foule se relève, s'ébroue, ouvre les parapluies pour écouter le message de la Vierge diffusé langue après lanque : priez pour la paix dans le monde, faites pénitence, ouvrez votre coeur à Dieu, à moi-même votre Mère à tous, priez, priez, priez ...
Rideau, le spectacle est fini et il y a bousculade à la sortie ! Les roches savonnées par la pluie  occasionnent quelques chutes sans gravité, Marie veille !


      

Je vous rassure, la conversion n'était pas au bout du chemin, mais, avant le retour, Gérard a souhaité ces images incongrues qui, lejour venu, m'accompagneront pour m'épargner les flammes éternelles !




Split, 13h, le samedi 16 septembre 2006, l'avion nous attend ... et j'ai très peur !

Par Alain tout simplement
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Vendredi 2 octobre 2009 5 02 /10 /Oct /2009 22:19






















































































Par Alain tout simplement
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Dimanche 13 septembre 2009 7 13 /09 /Sep /2009 20:30


Willy Ronis, le dernier d'une lignée sublime est parti hier, discrètement, à l'image de son existence, à l'image de ces géants qui ont vécu, sans tapage, tout entiers acquis à leur art, l'art de laisser aux temps futurs des images, simplement des images témoins de leur temps, qu'eux seuls savaient voir et capturer pour l'éternité.

Il aura rejoint au panthéon des photographes humanistes, les Boubat, Brassaï, Cartier-Bresson, Doisneau, Izis et, comme eux, il restera parmi nous, par ses photographies, innombrables, précieuses, reflets fidèles et sensibles d'une époque révolue.

Quelques extraits de sa dernière interview accordée à Christine Kerdellant pour l'Express en décembre 2008 :

"Toute ma vie j'ai préféré la photo de rue, la photo "réelle", la capture du moment unique"

"J'ai toujours fait mes photos dans l'instant, sans mise en scène ; un clic, deux, guère plus, car il ne fallait pas gâcher : les rouleaux de pellicule coûtaient cher ! Mais, pour être tout à fait honnête, je dois avouer deux exceptions , le Petit garçon à la baguette, un inconnu que j'ai fait courir trois fois devant la boulangerie et l'Enfant à l'avion où l'on voit un bambin, mon fils, en train de lancer un modèle réduit d'avion".

"Vous savez, mis à part les photos de commande, j'ai fait de la photo buissonnière toute ma vie. Les plus reproduites sont des clichés que j'ai pris en marchant, au hasard. Certains jours, je rentrais chez moi sans avoir appuyé une seule fois sur le déclencheur, c'était douloureux".

"Je n'ai jamais travaillé avec le numérique, ni même avec un moteur, pourtant le moteur existait depuis longtemps quand j'ai arrêté ; certes c'est plus facile, il n'y a pas le risque de rater l'acmé, le moment de paroxysme, l'instant idéal pour lequel on se retenait et que l'on finissait parfois par manquer. je n'ai pas de considération pour les mitrailleurs. C'est peut-être une conception janséniste de mon métier : je pense qu'une image se mérite".

"Mon premier déclic a eu lieu en 1928, le dernier en 2001 : c'est déjà un long passage dans la photo, vous ne trouvez pas ?"

"J'ai rangé mon matériel le jour où j'ai constaté que je ne pouvais plus gambader dans Paris, grimper sur une caisse pour avoir le meilleur angle de vue ou traverser une rue en courant. Ma toute dernière photo fut un nu, ici dans cet appartement, il y a sept ans".

Les Rencontres d'Arles 2009 avaient eu le bon goût, par prémonition peut-être, d'inviter le vieil homme à visiter l'espace qui lui était consacré sur les cimaises de l'Eglise Sainte-Anne.
J'ai pu à mon tour y passer un long moment et "voler" quelques photos que je place là, sous mon texte, un hommage posthume à ce  grand Monsieur de la photographie.











 


Les amoureux de la Bastille
Paris, 1957


 

Le petit parisien
Paris, 1952

J'habitais Paris à cette époque et j'avais 12 ans. Avec quelques années de moins j'aurais pu être ce petit garçon qui allait aussi chercher la baguette du déjeuner, en courant, mais je ne savais pas qu'un Monsieur Ronis, que j'ai peut-être cotoyé, rôdait déjà dans Paris pour enchanter plus tard, avec ses images, une autre époque de ma vie.

Par Alain tout simplement
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